Expérience Magic Lantern

Si la série Canon 5 D Mark II et III est réputée pour sa qualité d’images en vidéo, ses fonctions vidéo manquent d’un certain nombre d’outils.

Un programme non officiel permet d’ajouter de nouvelles fonctions sur le boitier. Il s’agit de Magic Lantern.

Parmi les principales fonctions vidéo, on trouve notamment :

  • zebras (assistance d’exposition)
  • focus peaking (outils de mise au point)
  • timelapse
  • personnalisation de l’affichage
  • contrôle audio poussé

Plus de détails des fonctions en français 

Une des dernières mise à jour a offert aux utilisateurs la possibilité de se servir de l’enregistrement des images au format Raw.

Poussé par la curiosité, je me suis lancé dans l’aventure. Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques mais parler davantage de mon expérience d’utilisateur.

La première étape consiste à installer Magic Lantern sur le boîtier. La mise à jour ne présente pas de difficultés particulières si la procédure est bien respectée. Toutes les infos sont sur le wiki magic Lantern

Utilisant un boîtier Canon 5d Mark III, je suis parti sur la version 1.2.3

Ensuite le module Raw doit être activé et configuré. L’excellent site Focus Numérique propose un guide assez détaillé de cette étape.

L’utilisation d’une carte x1000 assurant un débit de 100 Mo/s est indispensable. J’ai utilisé la carte Lexar de ce type en version 32 Go.

Je n’ai pas rencontré de problème particulier à l’usage.

 

 

 

 

Place au tournage maintenant. Pour faire simple, je ne me suis pas trop éloigné de la maison en filmant directement dans le jardin. J’y voyais un double avantage :

  • Contrôler le résultat en essayant différents paramètres
  • Et surtout vider la carte.

Car le principal problème est le volume de données que l’on enregistre.  On se retrouve vite avec des Go de fichiers.

Pour chaque rush, on obtient un fichier .mlv qu’il va falloir convertir en DNG afin de pouvoir le lire avec un logiciel de montage vidéo. Il existe plusieurs outils.

J’ai utilisé MlRawViewer 1.3.3 . On convertit le fichier mlv et magie du cinéma ; on obtient pour chaque seconde enregistrée 25 images au format DNG à environ 2 Mo par image. Ce qui représente 500 Mo pour 10 s de tournage.

Après quelques minutes de tournage et pas mal de calcul pour convertir l’ensemble de mes rushes, je me retrouve avec 16 Go de fichiers.

 

L’occasion idéale pour tester le logiciel  DaVinci Resolve

Les images fixes dng sont importées dans le module média  et Davinci recompose cette série d’images en vidéo. Après place au montage.

Les images au format Raw offrent une grande latitude de traitement que ce soit pour l’exposition, la température de couleur, la récupération des hautes lumières et également pour jouer sur la colorimétrie. On retrouve les mêmes outils que sur Lightroom, le logiciel de traitement de photos.

Conclusion

L’utilisation de Magic Lantern apporte un vrai plus dans le mode vidéo, avec des outils que l’on retrouve sur la plupart des caméras. Son utilisation combinée à la qualité d’image du Canon 5D mark III en fait un redoutable compétiteur par rapport à des caméras beaucoup plus chères. Cependant l’impossibilité de filmer en visant à l’œil contrairement à des hybrides tels que ceux de la série A7 de chez Sony est pour moi un véritable manque. Il faut pour cela ajouter un viseur externe ce qui alourdit considérablement l’appareil.

Quand à l’utilisation du format RAW, malgré des tests très concluants en terme de qualité d’images et de possibilité de traitement, cela me semble très compliqué à mettre en place dans un flux de production. Un enregistreur externe de type Atomos pourrait peut-être résoudre en partie le problème de stockage lors de la prise de vue. Mais cela se ferait encore une fois au détriment de l’encombrement et du poids.

En post-production, les étapes sont lourdes et demandent beaucoup de calcul. Un espace de stockage conséquent est plus que nécessaire.